Le CESU au FIGARO

Publié le par denier

 

article du figaro

Bruno Harbouet est directeur général de l'Agence nationale des services à la personne. Cet organisme est chargé du bon fonctionnement du chèque emploi-service universel.

 

 
LE FIGARO. - Neuf mois après son lancement, comment est accueilli le chèque emploi-service universel ?
 
Bruno HARBOUET. - Cela va au-delà de nos espérances ! À la fin août, 6,1 millions de chèques emploi-service universel (Cesu) ont été émis par les six entreprises que nous avons agréées, soit deux fois plus qu'à la fin juin. Ce rythme de croissance très soutenu nous permet aujourd'hui de dire que nous dépasserons dès la première année de lancement l'objectif que nous nous étions fixé, soit 7 millions de titres émis à la fin de 2006.
 


 
Quel est le bilan ?
 
Globalement, ces Cesu permettront l'achat de 80 millions d'euros de prestations de services, soit une valeur moyenne du chèque de 13,11 euros avec, en tiercé de tête, les services aux personnes âgées, l'entretien de la maison et les gardes d'enfants. À la fin de l'année, ce seront 120 à 150 millions d'euros de services supplémentaires, soit l'équivalent de 9 millions de Cesu qui auront permis de financer des services chez les particuliers. À titre de comparaison, le chèque restaurant au bout de quarante ans draine aujourd'hui 3,5 milliards d'euros. Nous avons donc encore du chemin à parcourir et n'avons pas gagné la bataille.

 

 


 
Quelles sont les entreprises ou les collectivités qui sont intéressées par le Cesu ?
 
Nous avions tous pensé que la cible facile aurait été les grandes entreprises, or ce sont d'abord les petites entreprises qui se sont saisies du Cesu. Outre l'avantage fiscal et social important qu'elles y trouvent - je rappelle que le Cesu est exonéré de charges sociales et est déductible de l'impôt à hauteur de 1 830 euros par an et par salarié -, il représente un outil de management efficace. Tant et si bien que ces entreprises financent souvent le Cesu à 100 %. Les circuits de décision dans les PME sont en effet plus courts. Dans les grosses entreprises, on constate un large consensus des partenaires sociaux sur le dispositif, mais cela prend plus de temps. Toutefois, depuis la rentrée, les grands groupes se lancent, comme par exemple La Poste, qui proposera le Cesu à ses 300 000 salariés. On note aussi que de plus en plus de conseils généraux ont choisi d'adopter le Cesu.

 

 


 
Le Cesu a-t-il créé des emplois ?
 
Le nombre de structures créées dans le secteur des services à la personne depuis le lancement du plan Borloo a doublé ! Le cap des 10 000 entreprises ou associations proposant ces services a été franchi. Nous sommes sur une tendance de 60 000 à 70 000 créations d'emplois sur le premier semestre 2006, soit le chiffre pour toute l'année 2005. Notre objectif pour 2006 est de créer 130 000 emplois.

 

 


 
Quelles sont les perspectives de développement du Cesu ?
 
Nous allons poursuivre l'effort de la distribution du chèque emploi-service universel, notamment auprès des grandes entreprises et des très petites entreprises. Par ailleurs, il faut assurer la pérennité de ce secteur, en confortant la professionnalisation des salariés exerçant ces métiers de services.

 

 


 
Pourquoi un tel retard de la France dans ce secteur notamment par rapport aux États-Unis ?
 
Ce retard est à la fois culturel et historique, en particulier concernant les services de type conciergerie d'entreprise. Toutefois une étude récente permet de démontrer qu'en Europe, la France et la Grande-Bretagne connaissent une réelle avance.

Publié dans presse

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